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L’énergie la moins chère et la plus respectueuse de notre environnement reste celle que l’on ne consomme pas, chauffer écologique c’est bien, mais concevoir son habitat pour ne pas gaspiller la chaleur en adoptant l’attitude négawatt, c’est encore mieux… Les sources d’énergies conventionnelles issues de stocks limités de matières premières extraites du sous-sol s’épuisent, à plus ou moins long terme les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz) et la fission nucléaire (uranium) ont (ou auront) une influence négative sur notre santé et sur notre environnement naturel: pollution atmosphérique, effet de serre, dérèglements climatiques, contamination radioactive, amenuisement de la biodiversité..., face à ces évidences une constatation s’impose, nous devons trouver des solutions innovantes…
En France, par le CO2 qu’ils émettent, les bâtiments publics et privés sont la deuxième source de pollution atmosphérique, environ 30 millions de logements mal isolés et mal chauffés rejettent chaque année autour de 100 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Le secteur du bâtiment représentant la principale consommation énergétique, devant les transports et l’industrie, la consommation d’énergie primaire pour le chauffage atteint en moyenne 210 kWh.ep/m2/an pour l’ensemble du parc de logements existants, il est donc un énorme gisement potentiel d’économies d’énergie, pour les logements neufs, il convient toutefois de noter que cette consommation a été ramenée à moins de 85 kWh.ep/m2/an grâce à la règlementation thermique (la RT 2005 actuellement).
Le gaz naturel est l’énergie la plus consommée avec le chauffage urbain et l’électricité, cette situation étant largement induite par la structure du parc de logements qui favorise les énergies de réseaux, suivent ensuite les produits pétroliers, le charbon et le bois… Le chauffage est le principal usage consommateur d’énergie, ensuite viennent les autres usages thermiques: l’eau chaude sanitaire (ECS) et la cuisson, et enfin les usages spécifiques de l’électricité: l’éclairage et l’électroménager... Plus de la moitié de nos émissions de CO2 provient de la combustion de gaz naturel pour le chauffage, l’ECS et la cuisson, presque 25% étant directement lié au chauffage urbain et le reste induit par la consommation de produits pétroliers, le chauffage des logements est responsable à lui seul d’une part importante de ces émissions à hauteur d’environ 75%...
Afin d’être efficace, on pourra se tourner et prendre exemple sur nos voisins Européens les plus dynamiques: l’Allemagne avec "Passivhaus", l’Autriche, la Suisse avec "Minergie" ainsi que les pays scandinaves, à l’évidence ces pays nous montrent la voie à suivre en réalisant des bâtiments qui consomment 6 à 8 fois moins d’énergie de chauffage… mais en adaptant toutefois ces données aux particularités constructives, règlementaires, normatives et climatiques françaises... Pour satisfaire aux directives du protocole de Kyoto et selon les directives du label BBC-effinergie notamment, l’objectif est d’atteindre pour 2050 une consommation moyenne d’énergie primaire - de 80 kWh.ep/m2/an au maximum pour l’habitat existant, - et de 50 kWh.ep/m2/an pour la construction neuve, ce qu’on appelle le "facteur 4"... pour le chauffage, l’eau chaude sanitaire, les auxillaires de ventilation et de chauffage, la ventilation, l’éclairage, la climatisation... ———————————————–——————— Comment réaliser cet objectif ?... - Dans l’habitat existant... après avoir réalisé préalablement un audit énergétique afin de cibler les objectifs, en réalisant des transformations sur le bâti dans un premier temps, il sera tout à fait possible et réalisable de réduire les besoins de chauffage et passer de 250 à 50/80 kWh.ep/m2/an en choisissant une production de chauffage très performante utilisant prioritairement des énergies renouvelables et en bannissant l’effet joule, comme par exemple un chauffage électrique classique, des panneaux rayonnants ou encore un plancher chauffant électrique…
- Lors d’une rénovation ou d’une construction… une conception bioclimatique sera de finalement retrouver l’art de bâtir en associant l’homme et son environnement, ces règles n’étant que l’expression d’un bon sens trop souvent perdu dans l’impératif de construire ou de rénover au plus vite, au plus standardisé et au moindre coût… ● Bien analyser et prendre en compte le terrain, son environnement proche et son micro-climat (soleil, vent, végétation). ● Concevoir un plan général présentant une bonne compacité en répartissant les différentes pièces selon les orientations des façades, les pièces à vivre au Sud, les chambres utilement ouvertes à l’Est ou au Sud-Est, les espaces tampons (garage, atelier, chaufferie, cellier, escalier,...) au Nord qui auront pour fonction la protection thermique des zones à vivre. ● Stocker l’énergie dans la masse du bâtiment et amortir les variations de température grâce à l’inertie thermique. ● Bien isoler l’ensemble des parois en mettant en place une isolation très performante de l’ensemble des parois: les murs, les planchers, la toiture ainsi que les vitrages... ● Utiliser prioritairement des énergies renouvelables pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. ● Limiter les infiltrations d’air parasites et prévoir un renouvellement de l’air en utilisant au mieux la ventilation, mettre en place un puits canadien, qui pourra être couplé à une ventilation mécanique contrôlée hygro-réglable de type B ou double-flux avec récupération de chaleur... ● Laisser largement entrer la lumière du jour pour favoriser un éclairage naturel. ● Réduire la consommation d’électricité grâce à des lampes basse consommation.
* ep = énergie primaire permettant de prendre en compte les pertes énergétiques lors de la transformation de l’énergie, et correspondant à l’énergie achetée au fournisseur d’énergie (que l’on appelle énergie finale) multipliée par un coefficient de 2,58 pour l’électricité, 0,6 pour le bois et 1 pour les autres énergies. Le coefficient 2,58 pour l’électricité, par exemple, prend en compte la chaleur fournie qui n’est pas utilisée par la centrale électrique et qui est évacuée dans l’environnement (mer, rivière,…). ——————————————————————–——————— Notre habitat doit-il être rentable, en tout ou en partie ?... Le surcoût engendré pour la réalisation d’un habitat bioclimatique va osciller aux alentours de 5 à 12%, il conviendra toutefois de tenir compte dans la balance des économies réalisées en termes de coût de consommation ainsi que des émissions correspondantes de gaz à effet de serre (on considère généralement par exemple qu’un mètre carré de capteurs solaires permet d’éviter le rejet dans l’atmosphère de 350 kg de CO2 par an), les retombées de ces économies devenant en fait très importantes voire considérables, le concept même de rentabilité méritant ici quelques éléments de réflexion, comment apprécier cette rentabilité ?... Face à la dégradation évidente de notre planète, il convient de faire place à une vision nouvelle ne s’appuyant plus sur des aspects purement économiques à court terme, mais plutôt sur des valeurs écologiques à plus long terme, impliquant l’analyse du coût du bâtiment non plus seulement en termes de coût global incluant certes les coûts d’investissement, mais aussi les coûts de fonctionnement au cours de sa vie… Cette nouvelle façon de percevoir un habitat permettant de donner une valeur à certaines dépenses, et le débat pourra alors s’étendre également sur un plan plus émotionnel, celui du plaisir, de la satisfaction, voire de la fierté d’utiliser des ressources renouvelables de la manière la plus équitable qui soit et ainsi de poser un acte citoyen en direction du développement durable... Rénover ou construire en respectant cette démarche va certes demander un travail de conception plus approfondi, mais cela en vaut largement la peine, un habitat n’étant pas un produit de consommation impersonnel mais un lieu de vie où l’on doit se sentir bien, économique à l’usage et respectant notre milieu naturel…
À titre d’exemple, pour une maison individuelle de 120 m2, en considèrant un surinvestissement de 150 € par m2 de surface habitable, ce qui permet généralement de passer en basse énergie, ce surcoût étant financé avec un éco-prêt sur 10 ans (TEG de 3,8 %), le montant total à rembourser sera d’environ 22 000 €. Pour un coût de l’énergie moyen de 0,07 € /kWh.ep en euros constants et selon trois scénarios d’augmentation annuelle du coût de l’énergie respectivement de 3, 6 et 9 %, les économies générées sur le budget "énergie" pendant 30 ans, entre une maison conforme à la Règlementation Thermique 2005 et une maison BBC-effinergie vont osciller de 25 000 € à 75 000 € pour la première année. Un propriétaire occupant réalisera donc ainsi une opération positive dès une augmentation du coût de l’énergie de 3 % (un taux d’ailleurs inférieur à celui observé ces dernières années pour le fioul, par exemple)...
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Une optimisation énergétique... |
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——–—-—-——-—————— ——–—-—-——-—————— ——–—-—-——-—————— Une écoconception de l’habitat ——–—-—-——-—————— ——–—-—-——-—————— Une installation électrique biocompatible ——–—-—-——-—————— ——–—-—-——-—————— ——–—-—-——-—————— ——–—-—-——-—————— ——–—-—-——-—————— ——–—-—-——-——————
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